Assis bien tranquille dans la salle, le comédien Paul Hébert n'en a pas moins monopolisé l'attention hier matin alors que les opposants au projet de port méthanier Rabaska ont annoncé une nouvelle coalition nationale pour stopper «l'insensé» projet à Lévis.
Malgré les années qui s'ajoutent sur ses épaules, l'octogénaire de Sainte-Pétronille a toujours l'oeil vif et les idées claires. Et pour lui, Rabaska est un outrage à son île d'Orléans, un lieu qu'il chérit autant que Félix Leclerc en était amoureux.
« On ne peut rien faire sur l'île, on ne peut pas changer un poteau de galerie ou une marche d'escalier sans référer à la MRC. Je trouve cela juste et normal car c'est un lieu patrimonial unique qu'on veut léguer à nos enfants », commence-t-il.
« Comment se fait-il alors qu'à 1,2 kilomètre de là, on puisse faire n'importe quoi » et « transformer toute cette région pour l'industrie gazière et pétrolière ? » demande-il, visiblement choqué.
Rabaska « n'est pas un réel besoin », dit le comédien, car «il y a Cacouna» et il «appartient à la compagnie multimilliardaire de payer ce que ça coûte en tuyaux » pour faire la jonction avec Saint-Nicolas, où se termine actuellement le gazoduc. « Pourquoi est-ce nous qui devons écoper » en sacrifiant l'environnement de l'île d'Orléans ? se demande Paul Hébert.
Ce dernier se joint à la nouvelle coalition « Stop au méthanier », qui s'enrichit de plusieurs groupes environnementaux et d'alliés politiques pour faire échec au projet de 840 millions de dollars du consortium des sociétés Gaz Métro, Enbridge et Gaz de France.
Malgré le feu vert donné par le gouvernement du Québec au projet, Yves Saint- Laurent, porte-parole de la nouvelle coalition, refuse de croire que la partie est déjà jouée. Il rappelle qu'Ottawa n'a toujours pas donné son aval et se dit persuadé qu'une vaste opposition structurée peut faire reculer le gouvernement.