«Quand il est question de blessures, on négocie de façon très serrée avec des questions de sécurité opérationnelle. On ne prend pas ce genre de décision sur le coin d'un bureau. C'est la procédure qui est suivie», a expliqué la lieutenante Isabelle Richer, en entrevue téléphonique.
Le Journal de Montréal a reçu hier la réponse à une demande d'accès à l'information formulée le 22 octobre dernier. La demande visait à obtenir les statistiques les plus récentes sur le nombre de militaires blessés en Afghanistan depuis 2001 et à connaître le pourcentage de soldats rapatriés au Canada à la suite de ces incidents.
Nous avons finalement reçu un tableau comptant dix lignes et 6 colonnes dont 80% du contenu est caviardé.
De fait, les seuls chiffres qui ne sont pas couverts concernent les décès des soldats, des informations qui sont déjà publiques.
Plus de 600 soldats
«Quand on donne de l'information sur le type de blessure, il peut y avoir une corrélation entre les activités des activistes et leurs actions. Eux, ils suivent les nouvelles comme vous et moi et ils utilisent cette information», a indiqué la porte-parole des Forces armées.
En quoi la divulgation de détails sur les blessures de soldats est-elle plus névralgique que celle des mortalités?, a-t-on demandé à la relationniste.
«Je prends note de votre commentaire. Je peux comprendre votre logique, mais je ne peux pas discuter de la raison pour laquelle cette décision a été prise», a admis Mme Richer.
Selon diverses sources, il y aurait plus de 600 soldats canadiens qui ont été blessés en sol afghan. Deux personnes se sont ajoutées à la liste noire hier. L'envoyé spécial du Journal a passé un mois enAfghanistan cet automne et il a constaté qu'au moins un véhicule canadien par semaine sautait sur une mine.
Officier junior
«C'est simple, on ne veut pas que les Canadiens sachent le nombre exact de blessés; 600 blessés, c'est quasiment une unité complète et un bon nombre d'entre eux sont blessés sérieusement et ne pourront plus occuper d'emploi par la suite», signale le colonel à la retraite Michel Drapeau.
«Ils ne cachent pas la vérité. Personne au ministère de la Défense nationale ne va mentir aux journalistes. Ce qu'ils font, c'est qu'ils mettent un officier junior comme porte-parole et ils lui donnent un minimum d'informations pour répondre aux questions», explique- t-il.